Chanoine Louis SIG, curé de Wettolsheim, (1868-1950)

 

Chanoine Louis SIG 1868-1950  Curée de Wettolsheim 1921-1950

 

Marie-Nicolas-Louis SIG

Né le 4 octobre 1968 à Schweighouse (canton de Thann)

         Franz         SIG                     Agriculteur

         Rosalie       WELTERLIN

                  5 enfants

                           Curée de Schweighouse : Camille HOLDER

Décès le 3 février 1950 à Wettolsheim à 82ans

 

14 ans Ecole de Zillisheim

         Etudes Humanistes

Altkirch

Einsiedeln en Suisse (suite à des problèmes de santé)

Altkirch

         Diplôme(Reifenzeugnis)

24 ans septembre 1892

Séminaire de Strasbourg

 

28 ans été 1896

         Baccalauréat en Théologie

 

29ans Saint Laurent 1897

(Heilige Priesterweihe)

  

29 ans 9 septembre 1897

Professeur au lycée<Saint Etienne de l’ évèché de Strasbourg

 

Septembre 1900 à septembre 1901

         Vicaire à Soultz en haute –Alsace

  

31 ans 18 ocktobre 1901

         « Staats examen » en tant que « Oberlehrer »

  

38 ans Discour pour l’anniversaire du Kaiser Wilhelm II et Augusta Victoria « lors des noces d’argent »

  

41 ans 3 aout 1909

         Nommé « Präfeckt des Internats de Saint Etienne »

  

44 ans 2 février 1912 Le congrégationMarianiste est Rétablie.

         Nommé « Prâses » de la congrégation.

  

54 ans 1 novembre 1922

         Nommé Curée à Wettolsheim

  

58 ans 1926

         Nommé « Chapelain d’Honneur » de Lourdes

  

70 ans 3 novembre 1938

         Nommé « Chapelain d’Honneur » de la cathédrale de Strasbourg

 

1930

“Eine metallene Opfervase aus Chinas Urzeit in elsässischen Privatbezitz”

 

1935

                  “Vorrömische Eisengewinnung auf Colmarer Boden”

 

1938

“Vorgeschichtlicher Frauenschmuck aus einem Egisheimer Feldgrab”

 

1947

                  “Aufdeckung einer altrömischen Wohnstätte bei Wettolsheim”

 

1947

                  “Der Glokenguss im alten Elsass”

 

1948

                  “Eine Neubearbeitung der Elsässischen Kirchengeschichte”

 

1949

                  “Die vielumstrittene Pietà der Pfarrkirche von Metzeral”

 

1950

“Ein vorgeschichtliches Bergfest im Waldgelände von Wettolsheim”

 

 

Extrait de la brochure

“Elsässer Priestergestalten”

Strabourg 1963

Du Chanoine Georges KNITTEL (Archiviste de l’ Evêché)

 

 

Autres parutions connues:

 

1937

                  Aufdeckung frühgermanicher Kriegergräber im Fanngelände  von Wettolsheim              

 

                                                                                         Alsatia Colmar

Professor Louis SIG

Curé de Wettolsheim de 1921 à 1950

Document ADHR

né le 4 octobre 1868 à Sweighouse

de Franz SIG et Rosalie Welterlin

 

Extrait de la brochure "Elsässer pristergeschtalden"

Strasbourg 1963

du Chanoine Georges Knittel archviste de l'évêché

 

C’est le chanoine Louis SIG qui nous ramène aux temps les plus reculés, lorsque les comtes d’Eguisheim étaient seigneurs de nos terres vers la fin du 9e siècle. Leur parenté avec les Carolingiens, dit Sig, est probable et ce sont ces derniers qui ont contribué à l’extension du culte de sainte Gertrude dans les terres soumises à leur influence. L’aristocratie locale prenant de plus en plus d’envergure après la lente décomposition de l’empire carolingien, les comtes d’Eguisheim ne tardèrent pas à en devenir les représentants les plus illustres. Il se constitua donc tout un domaine à l’entrée de ce vallon frais et abrité. Comme ce fut la coutume, les propriétaires y firent ériger une chapelle et la

dédièrent à un saint ou à une sainte particulièrement vénérée par leur famille ; ici ce fut sainte Gertrude. Le lieu-dit Altdorf est mentionné pour la première fois en 898 et le terme même permet de supposer l’existence d’un village à cet endroit dès les temps les plus anciens.

Gertrude était un nom fréquemment porté aux environs de 1200 et au cours des décennies suivantes. Il y eut notamment Gertrude d’Eguisheim, dernière de la lignée de la puissante famille, qui s’éteignit en 1225 sans laisser d’enfants ; sa mère déjà s’appelait Gertrude. Ce nom fut encore illustré par plusieurs moniales dominicaines d’Unterlinden, originaires des familles nobles des environs : Gertrude von Egisheim ; Gertrude von Herckheim ; Gertrude von Colmar ; Gertrude von Hattstatt ; Gertrude von Girsberg… Si jamais la sainte était déjà vénérée dans l’Altdorf à cette époque, cela n’étonnerait donc pas, étant donné la fréquence de ce nom. (A cette époque les noms de famille n’existaient pas encore comme aujourd’hui.)

 

Voici comment le curé SIG exprimait son opinion à ce sujet en 1937 ; comme toujours il résume ses vastes connaissances en phrases concises et denses :

 

“Zur Gemarkung von Wettolsheim gehörte in mittelalterlichen Jahrhunderten der Weiler Altdorf, eine Haüsergruppe in der Gegend des jetzigen Forsthauses. Er scheint sich aus einer Stiftung der Herrscher aus dem Hause der Karolinger entwickelt zu haben, die hierselbst zu Ehren ihrer Ahnfrau, der hl. Gertrud von Nivelles, eine Fremdenherberge mit Kapelle gründeten. Diese Sankt-Gertrud-Kapelle war im Mittelalter ein vielbesuchter Wallfahrtsort, da Sankt Gertrud als Nothelferin gegen alle landwirtschaftlichen Plagen, besonders gegen die Mäuseplage angerufen wurde. Die Kapelle fiel der französischen Revolution zum Opfer ; das Wallfahrtsbild wurde nach der Wettolsheimer Pfarrkirche gerettet.”

 

 

LOUIS SIG - Curé de Wettolsheim de 1921 à 1950

 

Le chanoine Louis SIG (né à Schweighouse près de Thann le 4 octobre 1868, mort à Wettolsheim le 3 février 1950) fut une des figures les plus typiques du clergé alsacien dans la première moitié du vingtième siècle, dit son biographe Mgr Médard Barth.

 

Ordonné prêtre le 10 août 1897, sa longue vie sacerdotale va se partager pratiquement en deux grandes périodes : la première, de 1897 à 1921, au collège épiscopal Saint-Etienne à Strasbourg, la seconde, de 1921 à 1950, comme curé à Wettolsheim. A St-Etienne, il sera successivement professeur de religion (  9 septembre 1897), professeur de lettres (17 septembre 1901) après une interruption d’un an comme vicaire à Soultz, directeur de l’internat le 3 août 1909, fonction qu’il assumera en même temps que celle de professeur. Le 16 novembre 1921, il est nommé curé de Wettolsheim ; le 3 novembre 1938, chanoine honoraire de la cathédrale de Strasbourg ; décès à Wettolsheim le 3 février 1950 et enterrement le 6.

 

On peut dire que 30 ans après sa mort, le souvenir de sa personnalité de prêtre, d’historien, de savant, reste encore vivant dans la mémoire de tous les habitants. Il est impossible de rappeler ici tous les aspects de sa vie si riche et si remplie. Deux courtes biographies du chanoine SIG ont été écrites, l’une par le grand historien de l’Eglise en Alsace, Mgr Médard Thann (Archives de l’Eglise d’Alsace 1949-1950, Le Roux, Strasbourg, p. 426-435), l’autre par le chanoine Georges Knittel, archiviste de l’évêché ( “Elsässer Priestergestalten(2), Strasbourg 1963, p. 33-43). Grâce à son aimable autorisation, nous avons pu reproduire le texte de ce dernier et le présenter sous forme de brochure polycopiée.

 

Il n’est pas exagéré de dire que l’abbé SIG fut un saint prêtre. Pourtant ce n’est pas sans appréhension qu’il accepta le poste de Wettolsheim, d’abord parce qu’il était très attaché au collège épiscopal St-Etienne où il venait de se dépenser durant 23 ans, ensuite parce qu’il estimait n’avoir pas les moyens matériels pour s’installer dignement comme curé.

 

“Par la guerre, je suis devenu littéralement pauvre, dit-il dans une lettre à Mgr Ruch le 10 août 1921, et personne ne se fait une idée de mon indigence actuelle. Ma maison paternelle a disparu du sol ; mon mobilier qui s’y trouvait est détruit, mes terres et mes vignes sont dévastées. Mes petites économies ont été épuisées pendant la guerre par suite de mes soins continuels envers la famille évacuée de mon frère aîné mort en exil, et des familles de ma soeur et d’un autre frère, également évacués dont il me fallut pendant plus de trois ans subvenir à l’existence”. Plus loin il ajoute encore : “Comme jeune professeur, j’ai remplacé pendant les vacances de Pâques le curé malade de Wettolsheim.”

C’était en 1905 ; le curé malade était l’abbé Joseph Bader (décédé à Wettolsheim le 22 juin 1907 dans sa 59ème année); Louis Sig l’a remplacé du 24 mars au 6 mai ; cinq actes de baptême sont signés de sa main.

 

Malgré la crainte que lui inspirait sa pauvreté et la peur que son départ de

St-Etienne ressemblât à une disgrâce, Louis Sig fait confiance à son évêque et accepte la paroisse de Wettolsheim. “Je veux donner suite à votre conseil et accepter la paroisse de Wettolsheim”, dit-il le 7 septembre 1921. “Cette résolution m’est rendue possible parce que vous voulez bien m’accorder le secours financier qui m’est indispensable. Même en me contentant du plus strict nécessaire, j’aurai besoin d’une somme de 10 000 frs ; j’espère que cette somme me sera avancée. Comme je suis décidé de continuer ma vie retirée ne me consacrant qu’à mes fidèles et à mes études  et en évitant toutes les dépenses personnelles, je pense pouvoir rembourser cette somme d’ici deux à trois ans.”

 

Effectivement, Louis Sig mena une vie pauvre et dépouillée jusqu’à la fin ; sa bonté et sa générosité étaient connues de tous. Il trouva l’aide d’une personne dévouée, Madame Vve Marie Chemin, née Heckly, soeur du Père Henri Heckly, Père du St-Esprit, aujourd’hui retiré à la Maison St-Léon à Wolxheim-Canal. Ses fidèles et ses études, voilà bien ce qui fut la raison de vivre du curé Sig durant les 29 années qu’il a passées parmi nous. Il était aimé de tous parce qu’à tous, petits et grands, riches et pauvres, il savait témoigner la même estime, la même affection, la même bienveillance. Après les déchirements causés par l’affaire de l’instituteur Hildwein (1912-1923) et le fossé creusé entre “Rouges” et “Noirs”, il réussit lentement à refaire l’union des coeurs et des esprits. Cela fut possible grâce à sa longue présence à Wettolsheim, grâce au rayonnement de sa bonté et de sa sainteté qui se dégageait de sa personne.

 

Avant son arrivée à Wettolsheim, l’abbé Sig s’était surtout fait remarquer par ses travaux catachétiques et historiques. Il avait préparé son doctorat en lettres avec le travail intitulé “Das Konrad von Würzburg zugewiesene Ave Maria”. Malheureusement, faute de temps sans doute, il ne passa jamais l’épreuve orale. Il avait aussi suivi des cours aux universités de Giessen (Hesse), de Berlin, de Munich et d’Upsal (Suède) pour parfaire ses connaissances germaniques.

 

Wettolsheim lui fournira un nouveau champ d’activité pour lequel il se passionnera : l’archéologie. L’occasion lui sera donnée par les découvertes faites lors de la construction des maisons Meyer Adolphe et Gilg Henri (1926-1927).

Dans le récent bulletin officiel du canton de Wintzenheim, N° 1 nouvelle série, décembre 1979, M. Charles Bonnet, archéologue à Colmar, fait le point sur ces découvertes. En 1927, lors de l’assemblée générale de la société pour la conservation des monuments historiques, Louis Sig avait exposé sarcophages et autres trouvailles dans la cour de son presbytère et il en avait fait le commentaire devant les membres de cette société. Plus tard, il commentera d’autres découvertes dans les journaux.

 

Ce qui est remarquable, c’est que cinq ans après son arrivée à Wettolsheim, L. Sig était déjà familiarisé avec le passé de notre village. Il n’y avait pas un chemin, un sentier du vignoble ou de la forêt qu’il n’avait foulé et qu’il foulera   

encore des centaines de fois. Grâce à sa connaissance de la langue allemande ancienne, il pouvait donner la signification de tous les lieux-dits ; grâce à son imagination puissante, il se plaisait à faire revivre tous les vestiges de la civilisation gallo-romaine ou mérovingienne qu’il côtoyait ; aujourd’hui on s’en méfie un peu, faute de preuves suffisantes.

 

Ce qui est regrettable, c’est qu’un certain nombre d’objets étudiés par le curé Sig soient introuvables aujourd’hui. D’autre part, dans les vieux papiers du presbytère, nous avons trouvé, après le décès du curé Haegeli, un certain nombre de fiches concernant l’histoire de Wettolsheim au Moyen-Age, fiches envoyées au curé Sig par les archivistes de Colmar de l’époque, Scherlen et Herzog ; malheureusement et à notre grand regret, L. Sig n’a jamais étudié ces sources concernant Wettolsheim au Moyen-Age ; il était davantage passionné d’archéologie. C’est sans doute pour cela, Scherlen se disant que le curé Sig était aussi doué et compétent que lui, que Wettolsheim n’a pas d’histoire écrite comme les importantes localités voisines : Eguisheim, Wintzenheim, Turckheim, pour lesquelles Scherlen s’est donné la peine d’écrire l’histoire.

 

On ne peut pas parler du chanoine Sig sans parler de son amour pour Notre-Dame de Lourdes et de sa vénération pour Saint Fridolin. Déjà à l’époque où il enseignait au collège St-Etienne, il organisait durant les vacances des pèlerinages à Lourdes. En 1911, il fut témoin d’une guérison miraculeuse au cours de la procession du St Sacrement, alors qu’il était en train de prononcer les invocations d’usage. Ce fait a sûrement contribué à faire grandir dans son coeur cette confiance illimitée qu’il avait en la Vierge de Lourdes. Et lorsqu’en 1926, Mgr SCHOEPFER le nomma chapelain d’honneur de Lourdes, ce fut pour lui un honneur dont il était fier à juste titre. Une grande fête eut lieu à Wettolsheim le dimanche 30 mai 1926 : en même temps qu’on célébrait la bénédiction du nouveau drapeau de la chorale Sainte-Cécile, en présence de douze chorales des environs, Mgr Kretz, vicaire général, remit au curé Sig le camail de chapelain.

 

A Wettolsheim aussi, il organisait aux différentes fêtes de la Vierge des offices à la Grotte de Lourdes, car il tenait à faire de notre paroisse un lieu où l’on vénère Notre-Dame. Mais ces offices se terminaient toujours par le rendez-vous des pèlerins à l’église paroissiale pour la vénération de la relique de St Fridolin, patron des enfants malades. Innombrables sont les personnes âgées d’aujourd’hui qui ont fait au temps de leur enfance ce pèlerinage au “Grand Saint Fridolin” de Wettolsheim ; plus dune guérison inespérée fut signalée au curé à ces occasions.

 

Le désir le plus profond du curé Sig était de conduire tous ses paroissiens vers une authentique et profonde vie spirituelle. On est frappé, lorsqu’on relit le livre des publications (“Das Verkündigungsbuch”), par l’autorité, la fermeté qui se dégage des avis et consignes qu’il donnait à ses paroissiens. Le 2 juillet une semaine après le congrès eucharistique cantonal qui s’était tenu à Wettolsheim le dimanche précédent, au bas d’une page, il y a cette belle phrase : “Das war ein Tag, an dem ich richtig stolz war, euer Pfarrer zu sein” - “Ce fut un jour où je fus vraiment fier d’être votre curé ! ”. Et sur deux pages, il exprime longuement sa reconnaissance à tout le monde pour la réussite de cette manifestation.

Le 14 septembre 1947, trois semaines après la bénédiction des nouvelles cloches, le chanoine Sig fêta ses 50 ans de sacerdoce. Fête extraordinaire dont le récit dans les journaux suscite encore l’émotion aujourd’hui. Le 3 février 1950 il mourut au presbytère de Wettolsheim, et le 6, il fut enterré au cimetière de la Feldkirch. Ses funérailles furent un hommage éclatant à sa personne et à son action. Trente ans après sa mort, il ne reste qu’à remercier Dieu de nous avoir donné un tel prêtre qui aura marqué notre paroisse et notre village pour toujours.

Marcel EHRHART